Sandrine Follère

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"Des Gens"


Texte de Frédérique Martin, écrivain, sur son expérience de pose pour la série" Des Gens"

Sandrine Follère, peintre et sculpteur s’est lancée dans une entreprise pharaonique, exécuter 365 portraits pour une série intitulée "Les Gens". Je ne pouvais pas passer à côté d’une telle invitation, d’autant plus que j’y serais croquée pour la première fois.

Et ça commence par un malentendu. Elle m’indique de tourner à droite, par pure incapacité je prends à gauche. J’erre, je tourne, l’heure passe, je vais être en retard. Téléphone. Récupération. Deux étages et enfin, le palier où je suis attendue. Sandrine Follère braque ses prunelles missiles à tête chercheuse jusqu’au fond de mes yeux tout en me broyant allègrement la main. La dame sculpte, ne l’oublions pas. Sans plus attendre, nous nous installons l’une en face de l’autre. Elle choisit ses couleurs, une page blanche et me scrute intensément. Commence alors un étrange ballet des mains et des yeux de l’artiste. Je ne vois rien de ce qui est en train de naître, je ne dois pas bouger, mais nous parlons à bâtons rompus deux heures durant.Comme souvent, le temps s’étire et se contracte tout à la fois. Physiquement, je sens nos antennes respectives qui s’effleurent, s’affleurent, se dévisagent. Une belle illustration de ce que j’appelle la conversation sous la conversation, cet échange non verbal qui vient parfois renforcer, mais souvent dénoncer, ce que les paroles veulent donner à entendre et l’image que l’on tente de polir, surtout lors d’une première rencontre. Il faut croire que nous nous sommes trouvées satisfaites réciproquement de cette exploration, car au terme de la séance, Sandrine me montre la série en cours et d’autres sur lesquelles elle travaille. Les minutes filent en ligne droite, les mots se bousculent, une autre séance est prévue, une femme se présente déjà sur le palier. Je repars, saturée de sensations fortes, emportée par l’énergie qui se dégage de l’artiste et de ses projets. Sandrine Follère est une tornade, un feu follet, une ardente. L’eau tiède, elle ne connaît pas ou alors pour la mettre à bouillir.J’ai pu me faire une idée de ce que cette exposition donnera. Elle sera spectaculaire. Mon portrait était le 162ème de la série. Me voici donc à ma place, quelque part au milieu des gens, dans la très grande famille de l’Homme. Et c’est très bien comme ça.

Frédérique Martin

Textes de personnalités ayant posé pour la série

Yves Charnet

Hélène Duffau

Daniel Welser-Lang

Erwane Monthubert

Joël Echevarria

Frédérique Martin